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Histoire des arts au collège

Préparation des visites dans les musées parisiens

Qu’est-ce qu’une Å“uvre d’art ? Comment traverse-t-elle les époques ? Qu’est-ce que les hommes décident de mettre en patrimoine ? En quoi tout cela peut-il concerner chacun de nous aujourd’hui ? à€ quoi ça sert de s’y pencher ? Voilà quelques questions légitimes que se pose tout un chacun et à fortiori nos élèves.

Comment articuler le travail sur les objets culturels et l’acquisition du langage ? Quel type d’activité peut-on imaginer pour faciliter cet accès à la culture ?
à€ ces questions que se pose tout enseignant, s’ajoutent celles qui concernent, en particulier, la visite d’exposition : comment la préparer ? Surtout quand « ils n’ont pas de culture  »â€¦ Quelle démarche pour aiguiser le regard et construire le « bagage culturel  » ?

Trois niveaux de lecture, lesquels font référence à la mémoire : la mémoire" cultivée qui s’adresse aux connaisseurs, la mémoire socio-politique qui s’adresse à "Monsieur tout le monde" et la mémoire immédiate de la vie quotidienne qui s’adresse aux enfants.

Nous aboutissons donc peu à peu au projet suivant : simuler une visite d’exposition qui permette aux élèves non avertis et qui ne savent pas « regarder  » une exposition, de circuler d’un tableau à l’autre pour faire des rapprochements, des comparaisons, librement, de se familiariser avec un ensemble qui apporte du sens à chaque élément. Nous partirons de leurs impressions, de leurs interrogations, de leurs interprétations pour les faire accéder, dans un deuxième temps, à ce que fait un amateur d’art qui, lorsqu’il regarde un tableau, le fait déjà chargé de connaissances qui lui permettent les reconnaissances : connaissances sur l’artiste ou l’histoire de l’art en général.

Nous finissons par sélectionner cinq ou six Å“uvres qui nous semblent à la fois susceptibles de « parler  » directement aux élèves et représentatives de la production de l’artiste.Dans cette démarche, comme dans toutes, l’entrée en matière est très importante : l’enseignant accueille les élèves et leur propose l ’utilisation des visites virtuelles sur site

Bilan

Il est nécessaire de prévoir une première phase de travail individuel (cinq minutes) avant de passer à la préparation de l’intervention en groupe (dix minutes). De plus, dans la classe de LE, il faut ménager un moment d’entrainement à la prise de parole (dix à cinq minutes) qui va suivre, en précisant aux élèves que chaque membre du groupe doit prendre part au colloque : il leur faut se répartir l’intervention.

Pendant les interventions orales, l’enseignant joue le rôle d’écrivain public et prend en note, le plus fidèlement possible, ce que chaque groupe apporte. Cette restitution permet ensuite de revenir sur l’ensemble pour en tirer quelques conclusions. Ce qui frappe, en général, à l’issue de la relecture c’est, tout d’abord, l’intérêt et la richesse des apports de chaque groupe : on les a postulés experts et ils se sont transformés en experts !

Un tableau, une histoire
Il s’agit maintenant de passer de l’observation à l’imaginaire. La forme de restitution ici sera la mise en voix de l’histoire rédigée, ou pas. L’élaboration d’une histoire permet à chacun d’interpréter le tableau à sa guise. La difficulté c’est d’obtenir une histoire, car de nombreux élèves ont tendance à reproduire un comportement acquis à l’école et produire un commentaire au lieu de l’histoire demandée

Un métissage culturel

La lecture des différentes présentations et les explications mutuelles en groupe sont suivies d’un partage des informations en direction des autres. Tout le monde ne disposant pas des mêmes éléments, chaque groupe va prendre la parole pour éclairer les camarades. On assiste alors à des « coïncidences  » qui bouleversent littéralement certains élèves
à‰ventuellement, l’enseignant peut apporter quelques éclaircissements supplémentaires, mais pas trop, car il faut laisser encore de la place à l’envie d’en savoir davantage.
à‰criture individuelle.
Il ne reste plus qu’à rassembler les dernières questions que chacun se pose et qui vont servir de grille de lecture de la « vraie  » exposition que l’on va aller voir

Analyse réflexive
Comment s’est passée la visite ? Qu’a-t-on appris de plus Qu’est-ce que l’atelier de préparation a permis à chacun ?
L’accès à la culture comme l’acquisition de la langue ne peuvent être l’objet d’une transmission directe à l’école : cela nécessite une mise en scène du savoir qui mette le sujet en curiosité, en attente, en questionnement, en situation de résolution de problèmes. La mise en avant de l’énigme a toutes les chances de mobiliser la personne et de provoquer la mise en activité de l’intelligence, tout comme la tâche, ambitieuse, ou le problème à résoudre — faire une communication lors d’un colloque, faire intervenir des témoins lors d’une enquête, etc. — prétendent mobiliser plusieurs compétences, dont la compétence linguistique en premier lieu. C’est à la fois d’un enjeu de savoir dont il s’agit, mais aussi d’un enjeu de démocratie : la mise en partage d’un patrimoine dont tous, nous sommes les héritiers et que tous, nous continuons à enrichir.


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Collège Louis Pasteur - Gennevilliers (académie de Versailles)
Directeur de publication : Y. Santerre, Principal